Fin de la traversée


 
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Le petit bateau se déplacera chaque jour sur la carte. Le tableau enregistre les distances journalières.
 

 

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08/11/2010 - J149 - Mauvais temps

J’attends du mauvais temps et du zef défavorable à partir de lundi midi, heure de mézigue, et pour 3 jours au moins, ça va me retarder encore.
En prévision de ce binz, j’ai plongé pour vérifier que ça n’avait pas repoussé... Eh bien, du coté où j’avais pu gratter la dernière fois avant que Quinquin ne vienne me faire la bise , il n’y avait rien du tout, et ça fait plus de 2 semaines, et de l’autre coté, j’ai enlevé des touffes âgées composées de vieilles moules !...
C’est une bonne nouvelle car je pense n’être obligé de me baquer qu’une seule autre fois avant l’arrivée...
Sinon, je n’ai pas fait de rencontre insolite, mais je sentais une bonne petite pression, et je n’ai pas trainé dans la flotte.
 

07/11/2010 - J148 - Alleluia

Le temps est superbe, le soleil est agréable, le vent plein Est 15 nds n’altère pas l’impression de beau temps et rafraichit l’atmosphère... J’ai trouvé des sachets de lyophilisés super bons que je ne connaissais pas (pâtes aux champignons et à la crème)... J’ai fait une nuit d’enfer en me réveillant complètement reposé... En 2 jours, tout a séché... et il me restait encore un roman d’Harrisson sur les 6 que j’avais au départ, "Nord Michigan" : je l’ai commencé et j’adore, encore une fois.
 

06/11/2010 - J147 - "Ne va pas gratter ta coque de nuit !!!"

Voici le courrier que m’a envoyé Xavier Pipap qui est responsable du club de plongée à Nuku Hiva aux Marquises... Je suis rassuré, mais je ne sais pas si mon coeur solide résisterait au contact du museau de requin.

"Kaoha Serge,

Concernant tes quinquins, les jeunes sont toujours très curieux et inquisiteurs et ils viennent plus près au contact des plongeurs que les grands adultes qui sont plus réservés. Ils ont souvent des réactions beaucoup plus vives... Ils peuvent s’approcher et te toucher pour mieux te sentir. Evite donc de tripoter tes poissons volants avant de faire trempette. Pour le reste c’est pareil que ce que je t’avais déjà raconté avant (ne rien jeter par-dessus bord, etc).

Ils ne sont pas dangereux... seulement un peu plus jeunes et foufous car ils ne connaissent pas la présence de l’homme dans leur milieu ... ce qui malheureusement les conduit souvent à leur perte. Ce n’est que lorsqu’ils sont nombreux (10 et +) qu’ils peuvent être chiants, un peu comme une bande de petits loubards qui roulent des mécaniques...

De plus, s’il y a du poisson comme tu le dis, ils n’ont aucun problème pour se nourrir. Ton embarcation agit comme un engin de concentration de poisson (DCP)... En pleine mer, un objet qui dérive ou même fixe, attire une multitude de petits poissons qui en attirent d’autres, et une chaîne alimentaire finit par se créer... C’est pour ça qu’ils restent avec toi !!!
Les autres poissons n’en ont pas peur car ils se sentent à l’abri le jour sous ta coque, mais par contre, les requins chassent la nuit, et là, ils se gavent !!!
Ne va pas gratter ta coque de nuit !!!
Voilà, et si ils approchent trop, tu leur mets un bon coup sur le nez et tchao !!!
J’espère que ton moral est bon...
Amicales salutations Marquisiennes
Xavier Pipap"
 

05/11/2010 - J146 - La fête à la grenouille

 
Elle paraît petite sur la photo mais sur l’eau c’est impressionnant

Il n’y a rien de plus sympa qu’un enfant qui chante "Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille".. Ben la grenouille va avoir triple ration de fête... : qu’est ce qu’il pleut ! mais par grains, donc je peux quand-même ramer...
J’ai eu une belle frousse tout à l’heure... Je regarde par la fenêtre et je vois un tuyau dans le ciel... Je me dis "ça y est, j’ai ma première trainée d’avion à réaction"... J’ai suivi des yeux la trainée jusqu’à un bordel indescriptible sur l’eau... Là, je me suis dit "Merde, l’avion s’est écrasé dans la flotte, va falloir que je me tape des rescapés à bord"...
En fait, c’était une tornade... Elle m’a foutu les ch’tons, d’autant qu’au début, elle me fonçait droit dessus... Mais elle est finalement restée à distance...
Le seul risque, tu me diras, était qu’elle embarque par surprise le linge qui séchait, et peut-être moi avec. Hop ! direct à Nouméa en volant.
 

04/11/2010 - J145 - L’homme et la mer

Lolive m’a répondu à "La mémoire et la mer" par "L’homme et la mer"

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais a plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets ;
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, O frères implacables !

Charles Baudelaire.
 

03/11/2010 - J144 - La mémoire et la mer

Je vous parlais de Ferré hier et bien en voilà du Ferré. Alors là ! les mots fendent la mer comme une étrave, c’est beau...
 
La mémoire et la mer
 
La marée, je l’ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l’arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j’en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l’écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
Ö l’ange des plaisirs perdus
Ö rumeurs d’une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu’un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ö parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j’allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d’aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tans
Qu’on dirait l’Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s’immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu’on pressent
Quand on pressent l’entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D’où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l’arc copain où je m’aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l’anathème
Comme l’ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S’en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C’est fini, la mer, c’est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d’infini...
Quand la mer bergère m’appelle
 

02/11/2010 - J143 - Fête des morts

Aujourd’hui, c’est le Jour des Défunts... c’est bien de faire la fête en pensant à eux de temps en temps... Ferré dit dans une chanson "On avait mis les morts à table", voilà c’est cela, qu’ils viennent boire un coup..."jamais son trou dans l’eau n’se refermait, cent ans après coquin de sort, il manquait encore".
 

01/11/2010 - J142 - Ça tourne

Comme prévu, le vent tourne, et lundi matin (lundi soir pour vous), je devrais pouvoir reprendre la route...
J’ai essayé hier de lever l’ancre... Il y avait encore une centaine de poissons qui suivaient le parachute replié. Bonjour le garde-manger pour Quinquin.
Ça m’a fait du bien de ramer, mais j’avais un cap avec le vent légèrement contraire, donc j’ai fait peu de bornes. Mais surtout, je dérivais au Sud dès que je faisais une pause.
Je préfère patienter, car au Sud-Ouest il y a les îles Samoa, dont les150 km les plus à l’Ouest constituent une barrière infranchissable, et je dois garder un maximum de marge pour passer au Nord-Ouest dans quelques jours.
Je suis sage effectivement.
Je ne glisse pas très bien sur l’eau et je devrais plonger, mais les requins sont là.
Je vais donc gratter avec ma corde à noeud-noeuds qui servait jusqu’ici de bout pour l’ancre.
Je sais pourquoi on dit "les femmes et les enfants d’abord" parce qu’après, quand les hommes sautent, les requins n’ont plus faim.
 

31/10/2010 - J141 - Encore un petit peu

C’est difficile de résister à "l’auto intoxication par une humeur néfaste survenant dans un espace clos après une longue période d’impuissance".
C’est la définition que donne Camus du ressentiment dans "L’homme révolté".
Ici, j’ai le double effet Kiss Cool, car je ne peux même pas changer de sujet.
Tout est engagé sur cette route, et il me faut avancer, ou attendre.
Dans notre vie sociale ou affective, le vent ne souffle pas toujours dans le bon sens et s’enclenche alors, le moteur de notre autodestruction : l’apitoiement sur nous même.
Pour moi ça va, j’ai vu le coup venir, et une semaine ce n’est rien...
Mais si je pouvais m’être définitivement débarrassé de ce sentiment morbide sans tomber dans un sentiment de majesté... J’espère seulement que ça ne signifie pas que je serai devenu sage, sinon, je sens que je vais me faire chier.
En tout cas, sur le Pacifique, le vent est tombé avant la bascule de la nuit prochaine, c’est chouette.
 

31/10/2010 - J141 - Nom d’une pipe, ça ne tourne pas

J’ai les yeux rivés sur ma biroute et elle ne tourne pas... elle est pinquée toute droite, plein Sud... J’essaye de l’encourager : "Aller vas y, incline toi un peu sur le côté", mais ça ne marche pas... Je suis trop pressé... On verra demain.
 
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